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Kadahfi est mort, ce 28 octobre 20011. Le chef de la révolution libyenne aura vendu chèrement sa peau face à un soulèvement interne appuyé par les puissances de l’alliance Atlantique. Celui qui a incarné pendant longtemps l’image révolutionnaire d’un Tiers-Monde en rébellion contre un ordre international inique, celui qui s’auto-proclamait le « vengeur » de l’Afrique avait longtemps dérivé dans les délices du pouvoir personnel.

Le guide qui captivait les foules de jeunes du Monde entier avait enfoui sa boussole dans le désert. Tripoli, la capitale de la Lybie  devenue la Mecque du nationalisme arabe a vu son étoile pâlir, obscurcie par les frasques d’un chef qui était devenu le « meilleur ennemi » des puissances occidentales.

Sombrant un instant dans des lourdes combines terroristes, le leader de la Jamahiriya Libyenne ne roulait plus que pour son pouvoir personnel et celui de son clan. Il s’est ainsi éloigné de son peuple et est lentement mais surement devenu un « original » entouré de ses femmes et de ses chameaux. Une curiosité orientale avec lequel les chefs d’Etat et les barbouzes occidentaux aimaient de temps à autre prendre le thé ou rompre le jeune du Ramadan.

Sylvio Berlusconi un des familiers de sa table élégante et aphrodisiaque s’est exclamée à la nouvelle de sa mort « Ainsi va la gloire du monde ». Nous sommes coutumiers dans l’histoire de ces sanglantes métamorphoses de ceux qui croient détenir la vérité suprême et qui pensent entretenir avec le peuple un rapport si fusionnel que leur personne devient l’incarnation de la Raison d’Etat.

Kadhafi est un exemple éclairant des pourfendeurs de l’impérialisme qui à force d’exercer un pouvoir sans partage sur leur peuple finissent par tomber sous les coups d’une insurrection longtemps différée et appuyée par une coalition internationale qui vient « libérer » le peuple de son « libérateur ».

Une tragédie pour les peuples du Tiers-Monde condamnés à rejeter ceux qu’ils ont adulés, des statues de sel emportés par les vagues écumantes d’une histoire vengeresse. Du visionnaire qui voulait créer les « Etats-Unis d’Afrique », qui souhaitait doter le continent noir de ses propres instruments financiers, grâce à la manne du pétrole. Il ne reste plus qu’un « tigre de papier ».

Un pantin désarticulé par la violence longtemps retenue d’une meute révolutionnaire. Un homme dépourvu des apparats du pouvoir et fragilisé sous les coups de ses ennemis.

Un destin fracassé dans la poussière des rues assiégées de Syrte.

Roody Edme