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Le vent de la contestation qui a balayé les pays d’Afrique du Nord et qu’on a baptisé le « printemps arabe » a atteint aussi certaines capitales de l’Europe méditerranéenne. Tant et si bien, que l’on parle désormais «  d’été européen ». Un mouvement de contestation parti d’Espagne donc gagne peu à peu les capitales européennes touchées depuis 2008 par la crise économique mondiale.

Pour l’heure, il ne s’agit que d’une brise légère mais têtue qui vient rafraichir le discours politique de gauche comme de droite, même si elle se prétend «  non alignée ».

À Madrid comme à Barcelone, à Athènes comme à Lisbonne, des jeunes rongés par la précarité revendiquent un changement de système qui laisse trop de gens en marge. Le mouvement relayé par les réseaux sociaux se donne une appellation assez symptomatique du ras-le-bol des jeunesses d’un monde où l’ascenseur social est en panne : « Les Indignés ». Inspiré par le titre d’un livre de Stéphane Hessel,  « Indignez-vous », les organisateurs du mouvement bien servis par les réseaux sociaux du web entendent réinventer le politique. Ironie de l’Histoire, le mouvement a pris une relative ampleur en Mai 2011, et fait penser, toute proportion gardée à un certain Mai de l’année 1968.

Ces jeunes se déclarent indignés par un monde qui fabrique de plus en plus d’exclus. Il y au creux de cette vague revendicatrice, une grande frustration par rapport à des systèmes étatiques qui font du surplace. Le désir d’avenir des jeunes européens est pris en otage  par un système qui tourne en rond et qui propose une croissance de plus en plus insoutenable.

Ce mouvement des «  indignés »  qui épouse les rives de la méditerranée se veut ancrer dans le peuple et porteur de pulsions profondes pouvant porter un changement de paradigmes dans la démocratie libérale. Les partis politiques traditionnels apparaissent usés et à bout de solutions. Et ces jeunes « romantiques » post-modernes sentent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la finance mondiale où la logique du chacun pour soi risque de fracasser les destins des peuples et des Etats contre le mur !

La crise de ces dernières années qui devait être une opportunité pour refonder l’économie a abouti à des recettes placebo, renforçant ainsi le sentiment d’insécurité de ceux à qui l’avenir est censé appartenir.

« A quoi cela rime d’aller voter tous les quatre ans si, ce sont toujours les banques qui gagnent » s’indigne une manifestante. Pour l’heure, le mouvement se veut citoyen et prend ses distances vis-à-vis des formes actuelles de la vie politique organisée. Reste à savoir, de quoi la suite sera faite.

Toujours est-il que le mouvement parti d’Espagne, quoique encore timide, envahit l’espace des cités européennes et l’on se remet à parler de démocratie éthique et d’assemblées locales.

Une remontée aux origines pour refonder la démocratie ?

Roody Edme