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La situation en Côte d’ Ivoire prend des proportions tragiques. Plusieurs mois après des  élections présidentielles contestées qui consacrèrent la victoire plus que discutable de Laurent Gbagbo, le président sortant, sur Alexandre Ouattara,  son rival reconnu par la communauté internationale comme le nouveau chef d’Etat de ce pays frère d’Afrique : Les armes claquent depuis deux jours aux portes d’une capitale Ivoirienne chauffée  à blanc  et  une terrible confrontation se prépare. 

Cette semaine, les correspondants de la presse internationale faisaient état de la déroute des forces pro-Gbagbo et l’on souhaitait ici et ailleurs, la fin rapide d’un conflit   qui n’avait de cesse que d’aggraver le sort des masses populaires ivoiriennes. Mais l’on est loin de ce rapide dénouement, puisque la journée de Vendredi a vu une mobilisation assez consistante des partisans de Gbagbo et des appels aux «  armes » qui annoncent une lutte sanglante et douloureuse pour le «  trophée » que constitue pour ces politiciens, le palais de la présidence.

Tout se passe comme si, le clan Gbagbo était  prêt au sacrifice ultime de sang au nom du maintien au pouvoir d’un chef d’Etat contesté  à l’intérieur comme a l’extérieur du pays. On connait la folie de certains hommes qui n’hésiteront pas devant un «  Himalaya » de cadavres pour  rester à un poste qu’il croit leur être destiné.

Au moment ou nous écrivons ces lignes, que l’on songe à la détresse des milliers de citoyens terrés chez eux à Abidjan, certains n’ont pas de quoi se ravitailler, d’autres s’endorment au bruit de la canonnade, interrompu par un silence lourd de conséquences,  et le pire reste à venir.

A l’autre bout de la planète, ici, en Haïti, les citoyens redoutent  aussi, les conjonctures électorales annonciatrices de troubles et de polarisations stériles.  La tentation de coup de force quand elle n’est pas armée peut  tout aussi se faire par les urnes, à travers des fraudes massives plus ou moins organisées et, ou a travers la posture plébiscitaire de rue qui intimide et oriente la décision.

Si l’heure est tragique à Abidjan, elle n’est pas moins grave à Port-au-Prince ou les rumeurs enflent dans la ville et provoquent une de ces peurs historiques qui enfantent le totalitarisme.

Il est important pour tous les acteurs politiques de faire preuve de responsabilité, de retenue, d’un comportement vraiment démocratique. L’un ou l’autre des deux candidats devra perdre les élections, mais le pays d’Haïti devra gagner.

Nous en avons besoin d’exemples civiques et refondateurs, à un moment ou dans un pays voisin, des vigiles chassent des Haïtiens.

Notre attitude ce 4 Avril rentrera dans l’Histoire, nous espérons pour le meilleur !

Roody Edme