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La démission du général américain Stanley Mc Crystal était attendue dans les milieux politico-médiatiques à Washington. Ce général, fine fleur du gotha militaire américain, s’est laissé aller à critiquer ouvertement les options de l’administration Obama  en Afghanistan ! Le général s’est par ailleurs moqué du vice-président américain en répondant à son interviewer : « Biden qui est-ce ? » Puis d’ajouter en souriant « Bite me ».

Un  pied de nez inadmissible dans un pays ou le pouvoir civil est placé au-dessus de tout et le président de la république est le commandant en chef de toutes les armées. Les hauts responsables de l’armée américaine ne peuvent  généralement se permettre des objections « respectueuses » que dans le cadre très fermé du bureau ovale de la Maison blanche ou  de téléconférences très secrètes à l’abri des curieux.

Ainsi se répandre dans un tabloïd sur les tenants et aboutissants de la politique américaine sur un terrain aussi mal aisé que l’Afghanistan apparaît  d’une insoutenable légèreté de la part d’un général qui porte autant d’étoiles sur les épaules. Et qui est de plus, un incontestable pivot de la stratégie américaine qui prétend conquérir les cœurs des Afghans au lieu de la tactique du tout militaire.

Or l’Orient mystérieux et complexe ne saurait s’accommoder d’un esprit trop « simpliste » aussi guerrier soit-il. La réaction de la presse américaine dit long sur les sentiments d’une opinion publique vis-à-vis d’une attitude qui se situe aux frontières de la rébellion, du « coup d’Etat »médiatique qui prend tout son sens dans une « démocratie cathodique ».

Tout mouvement d’humeur d’officiers traineurs de sabre provoque un malaise aussi bien dans les républiques dites « bananières » que dans les grandes capitales du monde Occidental. Qu’on se souvienne, toute proportion gardée, du « complot » des généraux à Alger au début de la cinquième république.

Ce vent d’insubordination qui a soufflé à Kaboul  traduit la difficulté d’une certaine politique afghane a trouvé ses marques, un certain enlisement des forces militaires sur le terrain, et l’ivresse du néant qui fait tourner les esprits les plus carabinés.

La réaction du président Obama qui a immédiatement désigné le général David Petraeus, le père de  la contre-insurrection en Irak, stratège emiritus  de l’armée américaine comme remplaçant de Stanley Mc Chrystal est destiné à rassurer les alliés américains et l’aile va-t-en guerre du Congrès.

Le général « mutin » a été convoqué à la Maison blanche immédiatement pour un court entretien qui devait mettre fin à ses services jusqu’ici « irréprochables ».Quelques minutes plus tard, Barak Obama déclarait dans une conférence de presse : « I welcome debate among my team, but i won’t tolerate division ».

Cet épisode dans un feuilleton à l’américaine vient une fois de plus attester  que le président américain ne donne le meilleur de lui-même que dans les pires difficultés.

Et qu’il pouvait au besoin faire respecter la chaine de commandement !

Roody Edmé