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AILLEURS VU D'ICI (depuis Haïti)

Un blog d'analyse de l'actualité en Haiti et à l'étranger - des sujets en rapport avec l'Afrique seront aussi abordés. Certains textes ayant rapport avec les littératures du monde seront aussi traités.

31 mars 2009

Constitution : sortir du fétichisme


Notre constitution a vingt-deux ans. Il y a deux décades, c’était un beau bébé plein de promesses et qui augurait de belles années. Le peuple s’était habillé tout en blanc pour l’accueillir sous les fonts baptismaux. À l’époque, on croyait qu’il suffisait que l’on consigne sur du papier timbré nos vœux d’une nouvelle république pour que celle-ci émerge comme par enchantement de la longue nuit totalitaire.

Comme toujours, après les longues traversées du désert, écrasés sous le soleil absolutiste de dirigeants mégalos, les peuples se précipitent sur quelques patriotiques symboles comme des assoiffés sur des mirages. Nous n’avons pas échappé à cette course aux mirages, hagards et étourdis par la chute soudaine de la dictature. Et le bel exercice inoubliable qui donna naissance à la loi mère était un magnifique joyau qui ne dépareillait nullement dans l’écrin de notre démocratie naissante.

Vingt-deux ans plus tard, la charte de 1987 est encore belle, mais souffre terriblement dans son corps meurtri de tous les viols subis au cours des ans et aussi de nombreux handicaps accumulés en raison de l’indifférence crasse de ceux qui devraient en prendre soin. D’ailleurs pourquoi en serait-il autrement quand on observe ce qu’il est advenu de notre environnement, du nombre encore insoutenable d’analphabètes en dépit de quelques efforts concertés et encore récents, de nos trop nombreux problèmes de santé qui font que l’arrivée prochaine du navire-hôpital américain constitue un véritable événement. Et alors, que dire ou que faire d’une pauvre constitution dans un pays où nous avons toujours croisé le fer et prioriser la baïonnette sur le papier.

Qui s’est préoccupé de rédiger ou de voter les quelques décrets d’application qui auraient rendu fonctionnelle la loi-mère ? Combien d’entre nous ne la célébraient que pour mieux la violer ? Combien l’ont invoquée comme une déesse quand elle pouvait sauvegarder leurs intérêts et l’ont royalement méprisée quand ils avaient pour eux la force.

Aujourd’hui, elle compte encore des partisans sincères qui ont combattu pour les promesses salutaires de décentralisation qu’elle renferme, des droits garantis de la personne et des structures participatives sans précédent dissimulés dans le tissu de ses nombreux articles, mais il y a aussi de faux dévots et des tartuffes qui ne s’en soucient que comme cheval de bataille politique. D’autres, dont la logique est difficile à comprendre, affirment péremptoirement que la constitution est grabataire, mais il ne faut rien tenter pour la remettre sur pied, laissons la dépérir et mourir de sa belle mort, ce sera son destin. Ils oublient du coup qu’il y a un pays qui a besoin dans la pratique de fonctionner et de poursuivre la mise en chantier d’une république inachevée…Une autre catégorie croit encore qu’il suffirait, comme Jésus Christ à Lazare, de lui dire « Lève toi et marche », pour que la constitution soit d’application comme par magie.

Beaucoup de spécialistes, de femmes et d’hommes politiques ont diagnostiqué son mal. Nombreux sont ceux de bords politiques différents qui ont relevé ses incohérences, ses paradoxes, ses confusions sémantiques battues dans la forge solaire et revendicative de l’été 86. Les constituants, portés par leur élan patriotique, ont produit un texte remarquable de générosité à la hauteur des aspirations du moment, mais qu’il fallait adapter, améliorer et peaufiner. Au lieu de cela, une certaine mentalité magique a tendance à conférer au texte constitutionnel des vertus éternelles et immuables qui risquent à terme de nous maintenir dans un « trou ron san fon », un véritable labyrinthe institutionnel avec un carambolage d’échéanciers électoraux, sans parler de la symphonie inachevée que constituent les Casecs et Asecs, un peu abandonnés à eux-mêmes…les fantasmes « architecturaux » que représentent du moins pour le moment les précieuses assemblées communales et départementales.

Toujours est-il que, pour la maintenir à flot, l’actuelle constitution devra être lestée de ses « virtualités problématiques » et devenir plus opérationnelle et moins coûteuse sur le long terme. On ne pourra pas indéfiniment financer notre démocratie avec l’aide externe sous peine de nous retrouver tous les six mois dans une impasse institutionnelle avec pour corollaire une paralysie des pouvoirs.

Heureusement que l’Exécutif s’est gardé de toute fuite en avant et semble prendre le temps nécessaire pour convier tous les secteurs à parler de la réforme constitutionnelle. Il faut se donner le courage de débattre de tous les problèmes et de chercher à atteindre le plus petit dénominateur commun, dans le respect des opinions contraires.
La peste de l’intolérance n’est pas l’apanage d’un quelconque pouvoir ; son germe est actif sous les préaux d’université, dans un hémicycle parlementaire ou dans des prétoires au-dessus de tout soupçon. Le traitement de cette pathologie sociale devra être collectif.

La question constitutionnelle peut être l’occasion d’une réflexion de fond sur les grands équilibres à établir, sur les pouvoirs conférés aux institutions et le rôle des acteurs en démocratie.

C’est le seul moyen d’éviter que le songe d’or du 29 mars 1987 ne sombre complètement dans la fange.

Roody Edmé

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17 mars 2009

Quand Haiti parle au monde


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La visite du Secrétaire général des Nations unies et de l’ex-président Bill Clinton – bientôt suivie par celle d’une délégation du Conseil de sécurité de l’Onu – est venue placer notre pays au premier plan d’une actualité moins tragique que d’habitude. D’abord, disons que la situation extrêmement fragile de notre pays semble encore une fois solliciter fortement une communauté internationale aux prises avec ses propres problèmes, mais tout de même alertée par la fragilité de la situation haïtienne. Toujours est-il que le ton a changé vis-à-vis d’Haïti et que ,depuis le rapport Collier, cet économiste qui a relevé le potentiel endormi de notre pays, on semble ne plus désespérer du cas haïtien et que les amis d’Haïti se mettent à voir dans notre pays un lieu de tous les possibles. Pour une fois qu’on ne nous voit pas comme le pays le plus pauvre, le laboratoire du sous-développement et tutti quanti, tout devient différent.

Dès qu’on s’éloigne des clichés et des étiquettes qui stigmatisent, on peut relancer la coopération avec notre pays sur de nouvelles bases et travailler dans un esprit positif et progressiste à la mise en place du changement qui tarde depuis trop longtemps.

Il était temps que le courage et la détermination de ce peuple, affecté par toutes sortes de désastres économiques et écologiques, soient reconnus, que l’on cesse de le juger à l’aune des calculs à courte vue de quelques politiciens et du déficit de civisme qui ronge depuis quelque temps une société frappée par la peste de l’intolérance qui nuit même à la végétation.

À ce titre, la visite de ces deux personnalités, interprétée à qui mieux mieux au gré des intérêts des uns et des autres, peut être le prétexte à un nouveau départ pour l’ensemble de ce peuple et à des relations internationales décomplexées de notre pays avec le monde extérieur. Il peut être aussi, pour l’Haïtien, l’occasion de changer son regard sur lui-même et prendre à bras le corps son destin.

En vérité, certains éléments contenus dans le rapport Collier ont été déjà mentionnés par des économistes haïtiens, mais il est pédagogique que cela soit dit par un étranger pour nous renvoyer une image extérieure de nous, loin du discours dévalorisant qui a pignon sur rue dans les colonnes d’une certaine presse, étrangère et hélas locale, jamais en panne d’expressions sommaires et faciles nous concernant. En acceptant les défis qui s’imposent à nous et en nous attaquant résolument à nos problèmes, nous pourrons étonner le monde et faire mentir un destin funeste.

Il reste au gouvernement à saisir le manche par le bon bout et à insuffler un certain volontarisme à ses actions sur le terrain que l’on a du mal à percevoir tant il y a faire et tant l’appareil d’État paraît dangereusement figé. Pour sortir du cercle vicieux de l’humanitaire, il faudra un plan audacieux de relance d’une économie qui se meurt sous le poids des catastrophes naturelles et des séismes politiques tellement ponctuels qu’ils deviennent une marque de fabrique de la gouvernance haïtienne.

Si le président Clinton affirme que le futur des Haïtiens peut être meilleur que leur passé, il y a là une parole rafraîchissante qui n’est pas tombée dans l’oreille de sourds, mais qui doit être appropriée par les Haïtiens eux-mêmes dans une perspective de transformation de leur avenir. Un avenir à construire dans la concertation critique, mais surtout avec détermination, loin de l’immobilisme séculaire des pouvoirs publics trop habitués aux affaires courantes. Le président de la République a parlé de la création de la Commission sur la compétitivité comme un gage de son engagement à encourager les investissements dans notre pays, c’est de bonne guerre, mais toujours est-il que les actions de ces Commissions devront progressivement éclairer l’opinion sur sa « sa kap fet ». On a besoin de savoir comment avancent les travaux des Commissions et la coordination qui s’établit avec les ministères pour, lentement mais sûrement, changer notre horizon politique et économique, même s’il ne s’agira que d’une amorce d’un grand plan stratégique sur le long terme. Un plan qui devra être conçu en interaction avec une opinion publique qui souhaite dire son mot sur l’avenir d’Haïti.

Il n’est nullement recommandé de laisser morne et désespéré le paysage médiatique qu’il faut surtout alimenter d’idées nouvelles et porteuses, sinon la déprime peut se généraliser et l’espoir de changement noyer dans l’illusion d’une nouvelle déferlante déstabilisatrice.

Quant au leadership haïtien privé et public, l’heure est venue de tout tenter dans les faits pour saisir cette nouvelle opportunité et « placer notre pays sur une trajectoire de développement durable » comme le souligne un communiqué conjoint signé par le président Préval et le secrétaire général de l’Onu, communiqué que l’on voudrait éloigner de la langue de bois diplomatique.

Roody Edmé

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Au-dela de la politique ...


Le Courrier international du 3 au 15 février a consacré un numéro spécial au retour probable des « bons sentiments ». Après les années 1980, les « années fric », nous dit dans son éditorial Philippe Thoureau-Dangin, on en est venu à l’époque des performances quel que soit le prix.

L’usage abusif de stéroïdes lors de compétitions olympiques jette une lumière crue sur des pratiques déloyales au nom de victoires que justifieraient tous les moyens. Les années 90 ont été les années de l’efficacité où l’on a mis les équations mathématiques au service de profits risqués. Une logique de casino s’est peu à peu imposée sur les philosophies d’action sociale du 20e siècle. Un monde feutré et robotisé a pris la place de celui qui, à l’époque de Camus et de Sartre, se questionnait sur l’existence et surtout sur le sens de la vie. La mort des idéologies, si elle a rendu l’homme plus pragmatique, a ouvert la voie à une pensée aux « ressorts mécaniques » et centrée sur la profitabilité.

La loi du plus fort, qui est une vieille règle de notre humaine condition, a pris les habits neufs des nouvelles technologies, se parant ainsi d’une redoutable efficacité.

Les « armes intelligentes » chez les puissants et la « bombe humaine » chez les croisés du terrorisme ont plongé l’humanité dans un nouvel « absurde » et banni tout sentiment de compassion et d’empathie assimilé à de la faiblesse. Il s’est agi de transformer l’homme en une véritable machine à détruire les cibles et à engranger du profit par tous les moyens.

Les gladiateurs du nouveau siècle se retrouvent aujourd’hui dans toutes les strates de nos sociétés, n’épargnant nullement les jeunesses du monde qui renouent de plus en plus avec les lois du « Klan ». Le « no rules » est devenu une pratique prisée et célébrée au détriment du civisme et de l’empathie réservée aux «faibles » et aux fainéants. La vie devient pareille à ces jeux cruels de télé réalité où l’on élimine ceux qui ne savent pas survivre dans la nouvelle jungle cathodique.

La crise est l’occasion d’une redéfinition de nos rapports avec autrui…et de réintroduire du sens dans notre vie. Contre la toute puissance d’une raison désincarnée, c’est peut-être l’occasion de revenir à la philosophie et au questionnement des mythes positivistes. La foi en un progrès économique autonome de tout projet de solidarité humaine est une mystification idéologique dangereuse pour la démocratie.

La société haïtienne ne saurait faire l’économie d’un tel débat, tant cette problématique fait corps avec notre avenir en tant que nation. L’absence de consensus comme un minimum vital met à mal notre projet de « nation building » et ruine toute aspiration au bien commun.

Certaines initiatives de la société civile comme celle déroulée ce samedi 13 mars à l’Université Quiqueya, sont un bon début pour un dialogue contradictoire et productif autour du « que faire » pour Haïti. C’est une première passerelle jetée sur le gouffre immense de l’incivilité et de la méfiance qui mine nos rapports sociaux. Il n’est pas dit que les valeurs de respect mutuel et de solidarité soient l’apanage exclusif de quelques bonnes âmes en sandales.

« L’ultimate fighting » en politique et dans les rapports sociaux, sans la médiation institutionnelle, ne peut conduire qu’à une société où nous serons tous « mò rèd depi o pa » comme des gamins insouciants dans une partie de billes «tout vis tout kondisyon ».

Roody Edmé

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11 mars 2009

" Du pain et des roses "


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Le 8 mars 2009 prendra cette année dans le monde une résonance particulière. Ce sera l’occasion certes de réfléchir sur la longue marche des femmes dans leur lutte pour l’égalité des chances et l’équité des genres. Ce sera aussi l’occasion de prendre acte de la vacuité d’un certain modèle égoïste d’accumulation et de faire place enfin à des idées novatrices pour changer la vie et les rapports humains sur notre planète fragilisée.

D’Olympe de Gourges à Annie Lo Pizzo en passant par Mother Jones, pour ne citer que quelques figures emblématiques, le mouvement mondial des femmes porte en germe un projet de société à jamais différé et marginalisé par un certain ordre du monde figé dans ses certitudes hiérarchiques et matérielles.

La crise actuelle est le moment ou jamais de réfléchir non seulement à des formes plus soft de croissance, mais surtout d’innover sur le plan d’une nouvelle éthique du travail et des relations inter-personnelles. De se doter d’une nouvelle morale en ces temps d’épuisement des valeurs dans nos sociétés trop longtemps dominées par la logique du plus fort et des égoïsmes totalisants. La crise s’accompagne certes de grandes peurs et un dernier rapport d’un groupe d’experts européens est venu nous mettre en garde contre des risques d’émeutes et de guerres civiles au sein même des pays les plus avancés. Mais elle peut être aussi l’occasion d’opportunités nouvelles et de manifestation triomphante de la créativité humaine pour de nouvelles utopies politiques et écologiques, loin du réalisme écrasant du tout marché ou du paternalisme paralysant d’un quelconque État Léviathan paré des couleurs affriolantes d’un « socialisme » d’autant plus ludique que fantasmé.

Il est sûrement venu le temps des ruptures et le processus historique participe de crises de croissance et d’arrachement au connu pour évoluer vers des formes innovantes qui ne manqueront pas de rentrer en conflit avec les forces puissantes du statu quo qui travaillent déjà à l’endiguement des énergies novatrices.

La « marche mondiale des femmes » appartient à ces facteurs qui peuvent peser sur les changements à venir en libérant, avec le support des hommes amis du progrès, plus de la moitié d’une humanité enchaînée par des préjugés millénaires et têtus. La violence et le harcèlement moral et ou sexuel constitue une constante qui continue d’avilir et de « trivialiser » les relations entre les sexes sur tous les continents. Quand ce n’est pas la violence absurde et rampante, telle que vécue ces jours-ci par les femmes salvadoriennes et qui a été rendue de manière poignante le dimanche 1er mars par un reportage de la chaîne émettant en espagnol Univision.

De plus en plus de cadavres de femmes exécutées et torturées jonchent les routes de ce pays frère d’Amérique centrale marqué au fer rouge par une violence fatale et les statistiques de meurtres des femmes ont atteint le chiffre insoutenable de 200 pour cent.

Chez nous, le chemin est encore très long et malaisé, le changement se mesure plus nettement dans le discours officiel et médiatique conquis progressivement par les organisations féminines. Du cri primal des revendications partant dans tous les sens en passant chez certains groupes plus radicaux à une assimilation du mal au « mâle », le discours féministe, chaque jour plus combatif, s’est fait plus pédagogique, plus persuasif et suscite un nombre grandissant d’adhésions masculines. Sur le terrain miné des luttes sociales et civiques, les différentes branches et associations du grand flamboyant féministe font désormais rougeoyer l’avenir et acquièrent expérience et maturité dans une lutte à la fois ingrate et exaltante de libération des mentalités des deux sexes.

Il faut signaler l’entêtement de l’actuelle ministre à la Condition féminine, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue, la Pasionaria du mouvement des femmes haïtiennes, qui laisse peu à peu la petite bourgeoisie « éclairée et avant-gardiste » pour se répandre dans la campagne profonde aux réalités complexes et multiples.

En vérité le 8 mars est l’occasion de réfléchir à notre avenir immédiat comme nous l’invite à le faire Jean-Claude Bajeux dans un article publié le lundi 2 mars dans nos colonnes.

Au moment où nous approchons de nos saisons habituelles de turbulences météorologiques et politiques, il faut donc franchir avec prudence les nombreux « kalfou danjere » qui jalonnent une année de tous les dangers. N’est-ce pas qu’un certain discours politique se fait de plus en plus négationniste et que l’Université affiche un « avis de tempête ». Pourvu que nous sachions négocier avec maturité et justesse « les virages glissants » d’une conjoncture qui s’annonce boueuse.

« Nous sommes les femmes de trop de morts », s’exclame une héroïne du dernier roman « La couleur de l’aube » de Yanick Lahens. La meilleure façon de célébrer les femmes est de traverser, dans la paix et la vigilance, une année 2009 où le « ciel bas et lourd pèse déjà comme un couvercle ».


Roody Edmé

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