photo_1275340940448_19_0

Dans le courant des années 70, un film faisait sensation à Port-au-Prince. « Raid sur Entebbe » du réalisateur Irvin Keshner, montrait une opération de commandos israéliens en pleine nuit sur l’aéroport de la capitale ougandaise. A l’époque, Idi Amin Dada le tyran, rejeté dans son propre pays sévissait sur une république ougandaise exsangue et avait tout pour incarner le méchant. L’acteur Charles Bronson, moustache macho, dans un magnifique uniforme de l’armée de l’air incarnait le militaire israélien raide dans son devoir et, qui guidait avec une précision de métronome ses tireurs d’élite qui réalisaient un carton sur le commando palestinien preneur d’otages. Le film inspiré d’un fait réel ou trouva la mort Yonathan Netanyahou, le frère de l’actuel premier ministre d’Israël suscita bien des contoverses.

Beaucoup de spectateurs ignorant des enjeux stratégiques d’une région tourmentée applaudissaient à tout rompre comme dans un western les exploits du commando de Tsahal. C’est vrai qu’à l’époque, Hollywood aidant, Israël était perçu comme le petit « David » esseulé non muni d’une fronde, mais de la toute puissance digitalisée de sa technologie militaire…dans la marée nostrum arabe dont les flots menaçants risquaient à tout moment d’emporter le petit Etat hébreu, terre  promise des descendants de   la shoah.

On a mis du temps à comprendre que « David » n’était pas ce petit enfant innocent de la Bible. Et que même, il était l’enfant gâté de la communauté internationale, la mauvaise conscience de l’Occident qui lui pardonnait ses bourdes les plus sanglantes.

A l’instar de cette opération désespérante, qui a fait le weekend dernier, plus d’une dizaine de morts, contre des navires de civils pro-palestiniens qui emportaient des vivres et médicaments pour les habitants de Gaza aux prises avec un blocus injustifiable et injustifié qui n’atteint nullement les groupes armés mais qui font souffrir la population civile.  A bord de cette « flotille de la liberté », il y avait peut-être quelques militants pas seulement armés de bons sentiments ; mais que pouvaient-ils contre ces commandos hyper-entrainés dont la réputation n’est plus à faire.

Que pouvaient quelques militants même « jusqu’auxboutistes », cependant  convaincus  de leur bon droit, désireux de porter assistance à personnes en danger, face à une armada de femmes et d’hommes d’élite au matériel de guerre hypersophistiqué. Comment comprendre que la célèbre Mossad, fille ainée de la CIA, puisse se laisser prendre à un piège aussi grossier…si piège il y avait. L’armée israélienne aurait riposté à une menace létale en tirant dans le tas. Si l’on croit le commandement israélien !

Cette « fable », si elle n’était pas  d’une sanglante réalité  nous rappellerait celle du loup cherchant tous les prétextes pour commettre son crime contre l’agneau. On a raison de parler de l’universalité de cette morale de la raison du plus fort. Notons que l’opération héliportée destinée à empêcher le débarquement des civils pro-palestiniens à Gaza a lieu dans les eaux internationales.

Israël  enfermé dans son obsession sécuritaire fait pleuvoir, depuis trois ans consécutifs, sur la région des « orages d´été » ou du « plomb durci ». Toute chose qui a la vertu ultime d’encourager la « macabre course aux martyrs ». Les grandes puissances, les Etats-Unis en tête, qui par leur insoutenable mollesse laissent croire qu’Israël a toujours raison  encouragent les « excès »de la rue arabe.

Israël n’a nullement été victime d’une « embuscade médiatique », ce sont les intentions de ses militaires qui n’étaient pas limpides. Benjamin Netanyahou, l’actuel premier ministre Israélien, est un éléphant en furie dans un Proche-Orient aussi fragile que de la porcelaine.

Roody Edme