La menace écologique est bien réelle. Le réchauffement climatique n’est nullement un exercice en futilité pour « intellectuels blasés » et en mal de sensation. Depuis le sommet de Rio en 1992, la sonnette d’alarme avait été actionnée mais elle eut dramatiquement peu d’échos en termes d’initiatives concrètes et résolues de la part des responsables politiques et économiques de la globalisation.

Les émissions de gaz à effet de serre auraient même accrues de 38% au niveau de la planète depuis 1990. La hausse de la teneur en CO2 de l’atmosphère provoque selon les experts, une acidification croissante des mers dans lesquelles ce gaz va continuellement se dissoudre. Dans le même temps, les événements climatiques de ces dernières années se sont signalés par l’ampleur des catastrophes qu’ils déchainent alarmant fort justement les météorologues et les structures de protection civile, ici et ailleurs.

La montée des eaux n’est surement pas une vue de l’esprit. Et récemment sur une île du Pacifique désormais menacée, s’est tenue un Conseil de gouvernement sous les eaux. Dans une simulation spectaculaire destinée à frapper les imaginations ; des ministres en équipements sous-marins ont tenu une réunion de circonstance…

Des films de sensibilisation d’Al Gore et de Yann Arthus Bertrand aux manifestations des sociétés civiles un peu partout dans le monde, la question du réchauffement climatique chauffe les têtes les plus froides. Et les « climato-sceptiques » ont du mal à convaincre l’opinion que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Les modes de vie et de consommation qui polluent ne sont pas drastiquement remis en question et, nous sommes encore confortablement installées dans « les années folles » précédant les grandes catastrophes.

Le monde hésite encore à trouver un accord politique global sur une question de survie pour la planète et persiste à vouloir laisser du temps au temps. Or le mauvais temps lui n’attend pas. Et à chaque été, le golfe du Mexique se transforme en « antre du dieu Eole », d’où part avec une tragique régularité des vents de plus en plus violents transformant en fétu de paille, vies et biens se trouvant sur leurs redoutables parcours.

Le mythe selon lequel tout changement dans nos modes de vie nous ramènerait « aux temps bénis » de la commune primitive est désormais éculé. Il appert au contraire, que les efforts soutenus de créativité et d’innovations que sous-tend une révolution technologique douce impulseraient l’économie mondiale dans une dynamique nouvelle annonciatrice d’un nouveau cercle vertueux.

D’ailleurs, la Chine connue pour ses pas lourdement pesants dans ce domaine se préparerait à surprendre tout le monde, lors du sommet de Copenhague. Pékin annoncerait une réduction de gaz par point de son PNB, tout en protégeant sa croissance actuelle, locomotive de la timide reprise mondiale.

La Chine considérée avec les Etats-Unis comme les canards boiteux de la planète sur le plan des politiques énergétiques se propose de dépasser les pays européens les plus écologiquement avancés.

Quant à l’administration Obama, elle affiche pour l’heure des prétentions plus modestes, trop modestes pensent certains, mais qui tranchent tout de même avec le laxisme écologique de l’administration Bush.

Au sommet de Copenhague dans quelques jours, on parlera de « l’hyperthermie » dont souffre notre planète. A son chevet se presseront les chefs d’Etat du monde entier pour lui proposer des thérapies aptes à faire baisser la fièvre.

Mais gare à toute méthode placébo, car la maladie est loin d’être imaginaire.

Par Roody Edmé