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Les ondes de choc positives parcourent l’ensemble de la société haïtienne. Tout se passe comme si, ce pays de « résistants » refusait inlassablement de mourir en dépit de l’accumulation des mauvais indicateurs sur de trop nombreuses années. La multiplication d’initiatives un peu partout au pays témoigne d’une surprenante vitalité et ne correspond nullement au bulletin de santé d’un pays que l’on s’empresse de qualifier de foutu.

Les femmes haïtiennes, « poto mitan » de notre société, ont donné l’exemple en deux occasions qu’elles pouvaient « repriser » une fierté nationale en lambeaux à l’instar du symbolisme historique de Catherine Flon avec le bicolore.

Au stade Sylvio Cator, elles ont redoré le blason empoussiéré d’un football haïtien en mal de victoires. Et du coup, le public reconnaissant a repris les chemins d’un Stade national trop longtemps déserté pour les diffusions cathodiques dominicales des championnats européens. Que dire de « Femmes en production », cette foire à succès qui met en avant la créativité de tout un peuple et son désir mal canalisé d’innover et de produire. Un effort dont on peut s’enorgueillir et qui s’appuie désormais sur des réseaux de production qui innervent à travers le pays et qui augurent d’une « renaissance » de la production nationale.

Notre capitale a rendez-vous, cette semaine, avec les nouvelles technologies, dans une foire scientifique particulièrement ambitieuse, qui dit long sur la volonté d’un secteur assez dynamique de notre société de ne pas limiter nos ambitions dans un domaine qui fit de l’Inde un pays émergent.

Certaines maisons d’édition commencent à produire pour le marché haïtien des manuels modernes répondant aux standards internationaux et qui auront un impact certain sur la qualité du service éducatif dans notre pays.

Musique en folie, a fait cette année la part belle aux écoles de musique. En plus d’être une activité commerciale qui fait de la zone de Tabarre, un centre d’exposition et un carrefour annuel de la musique haïtienne, le concept s’améliore chaque année dans un souci de promotion des nouveaux créateurs.

Des quartiers entiers de la capitale sortent progressivement de leur léthargie et les mairies tentent de mettre bon ordre à l’anarchie traditionnelle de nos rues… pendant que le plus grand paquebot du monde se prépare à jeter l’encre à Labadie.

Mais ce 18 novembre doit nous faire réfléchir sur les blocages à l’Université qui obscurcissent notre vision de l’avenir. Ils sont un puissant indicateur de l’intolérance crasse, qui afflige encore nos initiatives sociales et politiques. La guerre de « chacun contre chacun » nous empêche jusqu’ici de tirer le meilleur des meilleurs d’entre nous.

Et les manœuvres claniques plombent trop souvent certaines initiatives privées et publiques, alors que l’intérêt national commande des actions de plus en plus inclusives et participatives.

A un moment ou artistes et écrivains gagnent à la pelle des prix internationaux de plus en plus prestigieux, faisant résonner loin de nos frontières les échos glorieux de « nouvelles Vertières » ; la barque nationale est encore fermement à flot, en dépit de multiples avis de tempête.

Il reste pour les capitaines de l’heure de savoir éviter les manœuvres trop brusques capables de tout faire capoter à l’approche des « rives électorales ».

Par Roody Edmé