photo_1244120898872_1_0

Le président des États-Unis Barak Obama entame une visite historique en Egypte. Le Caire est le lieu choisi par le chef de l’Exécutif américain pour délivrer son message au monde musulman. Un message très attendu qui sera la réponse de Barak Obama aux angoisses d’un Orient méfiant et d’un Occident dont les grandes peurs influent depuis le 11-Septembre sur leur vision des relations avec un monde musulman mythique et « mystérieux ».

L’occasion est donc historique pour un rapprochement entre les civilisations, lequel éviterait ce fameux choc prédit par quelques « cassandre » d’une certaine intelligentsia occidentale. Et si le mot choc est jugé exagéré, on ne peut nier l’existence de persistantes secousses dont les lignes de faille pourraient annoncer « le Big one », un affrontement…nucléaire avec l’Iran chiite.

Mais là encore, le monde musulman est loin d’être un bloc monolithique, primairement anti-occidental. Les élections iraniennes risquent dans ce contexte de révéler quelques surprises. Une éventuelle réélection d’Amadjinedad ne se fera pas sans une résistance acharnée des forces modérées – favorables au nouveau langage de Washington – qui n’ont pas dit leur dernier mot.

Et comme de fait, en dernière heure, le discours du Caire a tenu ses promesses de bonnes paroles de respect mutuel en direction du monde musulman et cherche, sans doute, entre les lignes, à imprimer une nouvelle donne aux relations internationales. Retransmis sur une trentaine de chaînes arabes, sur Facebook et sur My space, le président américain, dans sa nouvelle rhétorique, a bien montré qu’il était à « la recherche du temps perdu ». Son discours a été interrompu par des cris « nous vous aimons» qui ont remplacé les « mort à l’Amérique » qui ponctuent habituellement les manifestations de frustration de la rue arabe.

Mais il y a les acteurs eux-mêmes confondus dans leur détestation réciproque. La droite triomphante au pouvoir à Tel-Aviv regrette la rhétorique de Georges Bush, à l’époque où le monde était plus simplement divisé entre bons et méchants… et le Hamas, la frange radicale du mouvement, croit encore dans la sacro-sainte mission de son organisation à se sacrifier pour la cause palestinienne. Et la tâche qui attend le président et sa nouvelle diplomatie pour la paix est donc pharaonique.
Le plus difficile pour le président américain consiste à trouver le chemin de la paix dans les labyrinthes et les sables mouvants du pays du Sphinx, un des berceaux de l’Islam.

Il devra engager la politique américaine sur un fil ténu entre son flirt annoncé avec une rue arabe passionnée et explosive et un État hébreu à qui l’Amérique avait juré une fidélité sans bornes.
Un vieil adage, non dépourvu d’esprit, affirme « si le nez de Cléopâtre était moins long, cela aurait changé la face du monde ».

On pourrait se demander si Barak Obama, si sensible au métissage culturel et si « singulier » pour un président américain, ne renoncerait pas une fois pour toutes aux deux poids, deux mesures que l’on reproche trop souvent à une certaine diplomatie américaine.

Roody Edmé