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Le super Tuesday a eu lieu ce mardi et a vu le sénateur John Mc Caine s’installé de plus en plus confortablement dans le fauteuil de candidat principal du parti Républicain à la maison blanche.

Du coté des Démocrates le jeu reste ouvert même si Hillary Clinton a remporté deux importants Etats : New York et la Californie qui lui ont apporté un nombre consistant de délégués et qui la place en tête de la course à l’investiture pour le parti Démocrate. La course demeure encore serrée et le suspens risque de durer pour les Démocrates jusqu’au mois de juin.

Madame Clinton a gagné 845 délégués contre 765 pour le sénateur de L’Illinois qui l’a remporté sur un nombre plus important d’Etats soit 13 contre 9 à Madame Clinton.

La campagne du sénateur Barak Obama n’est pas du tout banale. L’homme veut incarner le trait-d’union entre les différentes couleurs de l’Amérique en apportant dans le discours politique  un ton nouveau qui plait au middle class et à une classe d’affaires éclairée tout en évitant de tomber dans des platitudes centristes.

Une partie de plus en plus importante de l’opinion américaine est fatiguée de l’image impériale à la romaine que projette le pays le plus puissant de la planète. Pendant longtemps les fastes et la puissance antique de Rome ont fasciné les élites les plus conservatrices qui y ont vu dans cette comparaison un précieux héritage de civilisation. Seulement il y a aussi les décadences historiques de Rome, les erreurs de César qui franchit le Rubicon assimilé par certains correspondants de la presse américaine à la décision du président Bush de franchir les rives de l’Euphrate en envoyant des troupes en Irak.

Barak Obama est un pur produit du rêve américain qui suscite sur son passage scepticisme et enthousiasme. Il passionne les médias du monde entier et fait bouger aux Etats-Unis des jeunes blancs et noirs pour qui la politique de leur pays était dominée jusqu’ici, par une logique implacable d’appareil et de lobbys. Sur les campus des universités, on ne parle plus seulement désormais de théorie du chaos, de puces informatiques révolutionnaires, on s’enflamme aussi pour des idées, la politique n’est plus une affaire de génération et les élections à venir risque d’être «  populaires ».

Une élection qui verrait une présidente ou un président noir serait autant de victoires symboliques sur le racisme et la misogynie. Même si comme le pense l’ancien candidat John Edwards, « toutes les belles idées du monde ne peuvent rien s’il leur faut passer par ce système contrôlé par les lobbyistes et leurs puissants cabinets d’affaires ».

Malgré tout dans l’Amérique de l’underground, « They still have a dream ». Et le parti Démocrate affiche deux leaders qui pourraient incarner ce pont vers le 21e siècle que mentionna un jour Bill Clinton. Les femmes semblent bien parties pour jouer un rôle central dans cette élection. En plus de la grande battante qu’est Hillary Clinton, j’ai découvert récemment dans un discours à l’université de Los Angeles retransmis sur C-Span, Michèle Obama, une brillante avocate au profil académique sévère rappelant Condelezza Rice, mais au lyrisme passionné d’une choriste de Gospel.

Pour l’épouse de sénateur Obama, rien ne résiste au désir de réussir et de changer les choses à Washington, elle qui ne devait pas fréquenter Princeton et Harvard et qui finalement y a réussie de brillantes études croit qu’elle peut arriver à la Maison Blanche et y apporter un peu de compassion. Cette grande « case » blanche qui n’a vu jusqu’ici que des locataires blancs peut-elle dans la réalité accueillir un afro-américain comme dans la série télévisée, « 24 heures chrono ». Voilà qui risque de rendre cette campagne aussi épicée que du taco mexicain.

Roody Edme